Dans nos collections : "La région de Bruxelles : des villages d'autrefois à la ville d'aujourd'hui : exposition au passage 44 à Bruxelles du 18 avril au 2 juillet 1989"

Le Centre de documentation de La Fonderie a acquis en 1989 le livre :

 La région de Bruxelles : des villages d'autrefois à la ville d'aujourd'hui : exposition au passage 44 à Bruxelles du 18 avril au 2 juillet 1989

Crédit communal, A. Smolar-Meynart, J. Stengers et Amis du musée historique de la Région bruxelloise. - Bruxelles : Crédit communal, 1989. - 363 p. : ill., cartes; 33cm. - (Collection histoire. Série in-4, 16. ISSN 0774-3122). - Iconographie. - ISBN 2-87/93-079-1

CoverRegionDeBxl  Panorama de Bruxelles vu de Koekelberg / Th. Van Heil, fin du 17e siècle. Bruxelles, Musée de la Ville.

Déjà anciens, l’exposition et le catalogue qui en résulte sont le résultat d’un manque : l’absence d’une institution permanente de caractère didactique, scientifique et artistique mettant en valeur l’ensemble de la région bruxelloise.

Ce livre doit donc être replacé dans son contexte historique et institutionnel[1].

La région bruxelloise, « Bruxelles Capitale » et ses 19 communes, voit le jour en 1963.

Après bien des débats, la loi du 12 janvier 1989 précise les institutions bruxelloises. Voilà résumée très brièvement l’évolution (réalisée par à-coups et dans la confusion) de Bruxelles et ses environs.

Le titre du livre paru quelques mois après le vote de la loi n’est qu’une coïncidence heureuse mais qui permet de fixer le cadre de l’étude avec « une détermination objective » mais aussi « une pure vue de l’esprit » car les critères de recherche des uns ne correspondent pas à ceux des autres (géographes, démographes, urbanistes …). Cette projection dans le passé est donc purement artificielle mais privilégie un thème majeur : l’évolution du paysage de la région et des différents éléments « particulièrement frappants pour les auteurs ». D’où le sous-titre : « Des villages d’autrefois à la ville d’aujourd’hui »

Les auteurs sont tous, dans leur domaine, des spécialistes.

1989    Panoramique

                                                                                 La localisation des industries aux alentours de 1830 / Marie-Rose Thielemans . – p.246-261

Ce livre, en tous points intéressant, est fondamental, par deux articles. Pour une personne intéressée par l’industrialisation de Bruxelles, il s’agit d’une véritable « Bible » de notre centre de documentation.

FabriqueIndienne

Fabrique d’indiennes de MM. Seny et Leclerc de Cureghem lez Bruxelles, dessin et lithographie de E. Toovey, extrait de La Belgique industrielle vers 1850 / J. Géruzet. Bruxelles, KBR, Cabinet des estampes.

L’implantation industrielle est tributaire des cours d’eau qui fournissent eau et force motrice indispensable. La majorité des industries sont établies sur les rives de la Senne et de ses bras. Les axes routiers construits début du 18e siècle favorisent aussi la concentration industrielle.
Bruxelles proprement dite commence à s’élargir vers l’ouest, le nord, et le nord-ouest, les remparts disparaissent peu à peu. Avant d’entrer dans le Pentagone, la partie ouest de la Senne attire des indienneries (impression sur coton) et des blanchisseries qui ont besoin de beaucoup d’eau et de prairies.

La cité est traversée par la Senne et ses différents bras, formant des îles. Le port de mer (aboutissement du canal de Willebroek qui depuis le 16e siècle unit Bruxelles à la mer) se trouve dans la partie nord-ouest et est aussi un pôle d’attraction pour certaines industries.

La partie industrielle dans la ville, non loin du port situé à Sainte-Catherine, concentre des industries particulièrement polluantes : brasseries, tanneries, produits chimiques, savonneries … Le manque d’hygiène règne en maître.

La ville est déjà scindée en deux : la partie basse et la partie haute, plus  des beaux quartiers où s’installent des industries proches de leur clientèle chic : filatures, tissage, industrie de la dentelle, carrosserie. Elle accueille aussi des imprimeries florissantes grâce à la contrefaçon et des fabriques du papier peint. L’industrie hôtelière est prospère.

L’auteur décrit ensuite la situation de certains faubourgs (dont Cureghem et Molenbeek) qui deviendront des véritables lieux industriels et où la population ouvrière va se concentrer. Les autres villages possèdent bien quelques industries et des moulins mais la majorité d’entre eux restent ruraux.

LA PREMIERE REGION INDUSTRIELLE BELGE / Jean Puissant et Michel De Beule. – p. 262-291

EntreeDeBxl L’entrée de Bruxelles. A gauche, le Canal, à droite la Senne, base de l’industrialisation. Gravure de E. Puttaert, extraite de La Belgique illustrée, 19e siècle. Bruxelles AGR

En 1830, Bruxelles devient la capitale du nouvel état, elle bénéficie de la concentration des pouvoirs et devient le siège de la Société générale pour favoriser l’industrie, première grande banque industrielle. Celle-ci et l’autorité politique jouent un rôle important dans le désenclavement du pays et favorisent l’urbanisation de la ville. Les moyens de communication et de transport se développent : ouverture du Canal de Charleroi, mise en place d’un réseau ferroviaire renforçant la position centrale de la ville -qui s’agrandit- et son industrialisation, déjà ancienne, s’accélère tout en maintenant la division entre ville basse et ville haute.

Les recensements industriels (à utiliser avec précaution) permettent une image acceptable de l’évolution.

Le recensement de 1846 ne donne que des chiffres pour Bruxelles-ville et Molenbeek, dont le nombre d’emplois manufacturiers varient du simple au déculpe ;

Nombre de secteurs se modernisent et s’équipent de machines à vapeur. La ville reste la même : le bas et ses industries polluantes et le haut avec ses industries de luxe. De nouvelles industries « lourdes » par leurs matériaux, et leurs produits finis se concentrent le long du canal du côté de Molenbeek. Elles emploient des centaines d’ouvriers ; ce quartier acquiert le surnom de Manchester belge.

Dès la deuxième moitié du 19e siècle, la ville change, de nombreux travaux sont entamés pour la moderniser et imposer son visage de Capitale du pays. Mais c’est la destruction systématique de la mixité du travail, de l’habitat et le renforcement de la division de la ville. A l’intérieur du Pentagone, il y a augmentation des activités de service et expansion industrielle dans les quartiers ouest et sud ouest. Les terrains autour du Pentagone, vastes et bon marché, attirent nombre d’industriels. La ville, après bien des vicissitudes politiques et financières, étend son territoire, annexe certaines communes pour permettre le déploiement des industries autour du nouveau port de mer qui s’installe définitivement plus à l’ouest : c’est l’aventure de la gare maritime de Tour &Taxis et de ses entrepôts.

Le recensement de 1896 confirme la lenteur des mutations en cours et leur constance. Ce recensement est important car suffisamment précis et détaillé (pour chaque secteur) pour faire une comparaison avec les 18 autres communes environnantes.

Les années passent, c’est l’époque du succès du transport par route, du rail, et sur l’eau.

Emile Bauwin (géographe) y consacre, en 1975-76, sa thèse de doctorat (ouvrage monumental) :

Contribution à l'étude de la région industrielle bruxelloise et de ses problèmes : thèse de doctorat en sciences géographiques

Emile Bauwin. - Bruxelles : ULB, 1976. - 868 p.; 32 cm. - Cartes complémentaires : voir fichier : cartes et plans. - Divisé en deux classeurs. - Il y a une deuxième copie du claseur 2, annoté. rangé partie archives.-. Photocopie. Farde

Il y présente, commune par commune, secteur par secteur, inspiré par le « Code des activités, classement systématique / Institut National des Statistiques. – Bruxelles, 1964. – 2e édition » : « Les 2 060 établissements cartographiés sur 2 097 de la zone industrielle bruxelloise sont concentrés dans des zones d’importance diverses … »

Bruxelles est bien une ville industrielle.

La Fonderie, à partir de la méthode d’Emile Bauwin, étudie la situation industrielle de la Région bruxelloise en 1993 :

Bruxelles, une ville industrielle méconnue : impact urbanistique de l'industrialisation

Michel De Beule et Fonderie. - Bruxelles : La Fonderie, 1994. - 72 p. : ill., graph. + carte; 30cm. - (Dossier de La Fonderie, 1)

En 1986, elle n’est plus la première ville industrielle du pays et en terme d’emplois, reste la deuxième ville après Anvers.

A insister de ce deuxième article, une bibliographie riche et une analyse critique du « Plan De Waele ».

 

[1] Grâce à l’excellente introduction de Jean Stengers (1922-2002) historien, professeur à l’ULB

 

L’ouvrage et les autres titres cités sont consultables au centre de documentation.


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