Dans nos collections : "Recherches nouvelles sur l'immigration italienne en Belgique"

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sous la direction de Anne Morelli. - Bruxelles : Couleurs livres, cop. 2016. - 1 vol. (128 p.) : ill., photos, cartes, tab., ; 22 cm. - Bibliographie. - ISBN: 978-2-87003-583-2

Ce livre est intéressant pour les nouveautés sur le sujet et des analyses inédites sur les Italiens à Bruxelles. Jusqu’à présent, le centre de documentation de La Fonderie ne possédait aucune donnée spécifique sur cette question. Sous la direction de Anne Morelli, spécialiste de l’histoire des religions et des minorités (1),les auteurs apportent une mise au point, des éléments inédits et des perspectives de recherches sur une histoire - celle de l’immigration italienne en Belgique - finalement mal connue (2).

L’arrivée d’un nouveau groupe dans la société suscite des questions et une inquiétude auxquels les sociologues et les historiens tentent de répondre. Cet intérêt décline quand l’étrangeté s’amenuise.

L’histoire de l’immigration est donc liée à des “modes”.

Il en est ainsi pour les Italiens de Belgique dont on croit tout savoir. Cependant leur histoire est focalisée sur l’immigration massive pour “La Bataille du charbon” et les accords de 1946, les conditions d’arrivée, d’installation, de travail… jusqu’à la catastrophe du Bois du Cazier en 1956 (3). Mais l’immigration existait en Belgique bien avant 1946 et a continué après Marcinelle (4). Elle n’est pas constituée uniquement par des mineurs, mais également par des restaurateurs, des commerçants, des exilés politiques, des fonctionnaires, cadres, étudiants… Tous les Italiens n’habitent pas les anciennes régions minières même s’ils y sont encore nombreux. Dans la Capitale, ils forment le troisième groupe étranger mais cette présence est encore peu étudiée.

Composé de différents articles enrichis de références précises et de citations de sources, ce livre propose un atlas de la population italienne en Belgique et de leur lieu d’origine. Il contredit le stéréotype des Italiens unanimement catholiques, il analyse leurs sympathies ou réactions politiques, étudie les difficultés d'adaptation au français de la première génération d’immigrés. Et...

À Bruxelles, il faut distinguer une immigration populaire située au nord de la ville et une autre, récente, solidement diplômée, installée dans le sud. Il y a aussi une nouvelle immigration due à la crise économique mais il n’y a, pour l’instant, aucun élément d’analyse, ces derniers arrivés ne s’inscrivent pas nécessairement dans la commune choisie.

L’article d’Olivier De Maret (5) entre dans la conception nouvelle de recherches historiques s’intéressant aux rapports entre migration et alimentation et de leurs conséquences pratiques et symboliques. Il permet de découvrir que le phénomène migratoire des Italiens en Belgique commence à la fin du 19e siècle et Bruxelles – capitale à la réputation cosmopolite et libérale - en devient le point névralgique. Si la caractéristique de cette migration est la mobilité à travers l’Europe, certains Italiens, plutôt que de transiter au hasard des recherches d’emplois temporaires ou saisonniers, s’installent et demeurent dans la capitale; certains se tournent vers le commerce alimentaire, les débits de boissons, les restaurants. Un exemple célèbre : le Cirio, ouvert en 1884 au 20 rue de la Bourse.

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Les recherches menées par l’auteur contribue aux débats et à la réflexion sur les processus de constructions d’identités et d’intégration des migrants dans une perspective alimentaire. Résultat d’une année de recherche doctorale, l’article n’est qu’une esquisse prometteuse.

Claire Renaudin présente les Italiens à Molenbeek. Son titre (6) est sans ambiguité : l’image actuelle de la commune est liée à la communauté marocaine et à la radicalisation religieuse (7) de certains d’entre eux. C’est oublier que Molenbeek a enregistré d’autres vagues d’immigration (voir : Mille et une facette d’un quartier: Molenbeek-centre vu par ses habitants).
L’auteur analyse un cas d’étude intéressant et novateur sur le plan chronologique et au point de vue de son ancrage urbain. Bruxelles est un territoire vaste et contrasté dont une de ses communes, Molenbeek, est par tradition ouvrière et populaire, la présence italienne est aujourd’hui absente dans les esprits, mais présente dans les faits.

Quelle est la physionomie de la communauté italienne à Molenbeek ? D’où viennent-ils ? Se sont-ils rassemblés dans un quartier spécifique ? Quelles sont leurs ouvertures d’emplois ?

L’auteur présente un vaste échantillon d’éléments caractéristiques de la colonie italienne à Molenbeek de 1947 à 1973, à partir des registres de population de la commune. Mais les Italiens inscrits dans les registres des étrangers n’ont pas été étudiés. Lorsque les données le permettaient, une corrélation avec la situation en 2011 est analysée.


(1) https://www.youtube.com/watch?v=XlvtEepSZkw

(2) espace-livres-creation.be

(3) http://minedhistoires.org/2011/06/25/les-accords-italo-belges-de-1946

(4) Anne Morelli rappelle que les Italiens forment encore la population étrangère la plus nombreuse et qu’il ya pratiquement parité entre ce groupe et la communauté marocaine en Belgique.

(5) Les débits de boissons, restaurants et commerces alimentaires italiens à Bruxelles avant la Première Guerre mondiale / Olivier De Maret . – p. 31-46

(6) Les Italiens à Molenbeek (1947-1980). De la présence à la transparence / Claire Renaudin. – p. 117-132

Cet article est rédigé à partir du mémoire présenté en Histoire contemporaine : Les Italiens à Molenbeek : étude d’une composante oubliée de l’immigration dans cette commune bruxelloise / C. Renaudin ; sous la direction d’Anne Morelli. – Bruxelles : ULB, 2012

(7) Ibidem, p.117

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