Emiel Jespers

Mais quiHymnedereconnaissance est cette mystérieuse dame tenant une lyre à la main ?

C'est dans les collections du Musée Bruxellois des Industries et du Travail

qu'a élu domicile cette sculpture en bronze signée Emiel Jespers

et portant le cachet de la Compagnie des Bronzes.

 

 

 

 

Emiel Jespers : son parcours

Emiel Louis Jespers (1862 – 1918) est un artiste anversois, spécialisé dans la sculpture de figures et de nus. 

En 1884, il débute comme praticien dans l’atelier de Jan Frans De Vriendt sculpteur à Anvers (Borgenhout). Par la suite, il travaille dans l’atelier d’art prestigieux des Jan Baptist De Boeck et De Wint, a pratiqué le dessin chez Dujardin et la sculpture sous la direction de l’atelier Geefs, appartenant à la famille du même nom.

Grâce à l’octroi d’un subside de la commune de Borgerhout, il part à Paris et découvre les œuvres des sculpteurs en vogue : Auguste Rodin et Jean-Baptiste Carpeaux. Il s’inspirera du style romantique de ce dernier pour ses propres créations.

EmileJespersEmiel Jespers jouant du piano en compagnie de ses deux fils, Oscar et Floris Jespers.

Dans le courant romantique, Jespers évolue aussi dans un courant artistique mettant en avant la Flandre en tant que membre du cercle artistique « Eigen Vorming », où son influence se reflète avec le buste de la « Jeune Fille Flamande » exposée à la salle des Fêtes de la maison communale d’Anvers.

Taillant lui-même ses marbres dans son atelier d’Anvers, il participe à de nombreux salons et expositions internationales, obtenant une mention honorable à l’illustre Salon de Paris (1893), une médaille de bronze de Saint-Louis aux Etats-Unis, une médaille d’argent en Hollande.

Dès 1894, le sculpteur peut compter sur la Compagnie des Bronzes pour exposer notamment lors de l’exposition internationale d’Anvers en 1894 et ainsi contribuer à la renommée mondiale de la Compagnie.

Emiel Jespers se fait suffissament connaître dans le milieu de la sculpture, attirant l'attention de l’Etat belge qui passe plusieurs commandes auprès de ce dernier, dont la « Glycine » exposée dans le Jardin Botanique de Bruxelles jusqu’en 1997, année de sa disparition.

Ses fils seront également sculpteurs, Oscar Jespers atteignant une renommée dans la sculpture expressionniste. Vous pouvez découvrir les oeuvres d'Oscar Jespers à l'Atelier Jespers situé à Woluwe Saint-Lambert.

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 AGR Bruxelles. Fonds Cie des Bronzes, Liasse 2633pdfRetranscription des lettres d'Emiel Jespers

Son Œuvre, objet de collection à La Fonderie

Au premier abord, la sculpture nous présente une femme aux épaules et chevilles dénudées, chantant et jouant d’un instrument.

Mais à qui appartient ce beau visage ? L’identité de cette dernière nous est inconnue mais nous savons qu’Emiel Jespers prit comme modèle des chanteuses d’opéra pour certaines de ses sculptures dont « Italienne ».

Les premières mentions de cette sculpture en 1904 nous apprennent pourtant qu’elle est appelée « Sainte-Cécile » en référence à la patronne des musiciens. Par la suite, intitulée « Hymne de reconnaissance », comme nous l’indique les correspondances du sculpteur conservées aux Archives générales du Royaume. À travers ces documents, nous pouvons apprendre qu’Emiel Jespers n’en possède pas la propriété exclusive : un contrat d’édition ayant été conclu avec la Compagnie des Bronzes. Cette oeuvre a donc été reproduite en plusieurs exemplaires et probalement en différents materiaux afin d’être vendue au magasin de la Compagnie situé à l’époque à rue d’assaut.

L’Interprétation de son ŒuvreHymnedereconnaissance                                                                                                                            © La Fonderie

La finalité décorative de cet objet nous est à ce jour mystérieuse.

Une piste est privilégiée : son lien avec la musique !

Nous savons que ces petites statuettes en bronze ou en marbre faisaient les délices de la bourgeoisie de l’époque.

La musique prenait une part importante dans la vie quotidienne des élites, dans l’éduction des jeunes filles tout comme dans le cadre des loisirs à la Belle Epoque (1890 – 1914).

Nous savons également par Joris Verdonck qu’Emiel Jespers travaille en 1887 pour un fabricant d’orgue. Or, on sait que Sainte-Cécile est traditionnellement représentée en tenant ou en jouant un instrument de musique comme décoration des buffets d’orgue.

Peut-on y voir un lien entre son parcours professionnel et l'interprétation de cette oeuvre ?

Bibliographie

  • AGR Bruxelles. Fonds Cie des Bronzes, Liasse 2633.
  • ATELIER JESPERS, Oscar Jespers, Aterlier Jespers, 2016.
  • BENEZIT (Emmanuel), Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, nlle édition, 8 vol., Paris, Gründ, 1966.
  • GONTAR (Cybele), Jean-Baptiste Carpeaux (1827–1875), Metropolitan Museum of Art - Essays, octobre 2004.
  • JESPERS (Henri-Floris), Brieven van Floris Jespers en Roosje, CDR-Mededelingen, 24 octobre 2008.
  • Lodewijk & Frans MortelmansCercles artistiques : du temps du mouvement flamand à Anvers
  • VAN LENNEP (Jacques), Catalogue de la sculpture : artistes nés entre 1750 et 1882, Bruxelles, Musées royaux des beaux-arts de Belgique, 1992, p. 34.
  • VERBRAEKEN (Paul), Histoire de la sculpture en Belgique, Dictionnaire biographique des arts plastiques en Belgique, 2016.
  • VERDONCK (JORIS), Borgerhoutsche Kunstenaars, Anvers, L. Opdebeek, 1940.
  • La Glycine, dans Les sculptures de Bruxelles = De beelden van Brussel = The statues and monuments of brussels : inventaire des sculptures publiques en ronde-bosse en plein air dans la Région de Bruxelles-Capitale, à l’exception des monuments funéraires, religieux et monuments liés à l’architecture, DEROM (P.), EVERARTS DE VELP (V.), MARQUENIE (G.), DRAPS (W.), (éds.), Bruxelles, Galerie Patrick Derom, 2002, p. 37.

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